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LA 8-BIT QUI A FAIT DU “CLIC” EN ENFONÇANT UNE CARTOUCHE
La Nintendo Entertainment System, plus connue sous le nom de NES, incarne l’ère où la console de salon se pense comme un objet robuste et simple: une machine dédiée aux cartouches, au pad, et à l’efficacité. Son design “magnétoscope” avec insertion frontale n’est pas qu’un look, c’est une philosophie: on range, on verrouille, on lance le jeu. Aujourd’hui encore, elle se joue avec une immédiateté rare, à condition d’accepter ses habitudes d’époque.
Ce qui marque quand on la ressort, c’est la lisibilité de son catalogue. Les jeux NES vont droit au but: des niveaux courts, une difficulté souvent franche, et une grammaire du gameplay qui a façonné des décennies de plateformes, d’action et d’aventure. Et côté collection, la console a ce charme “matériel” très concret: cartouches épaisses, boîtes carton sensibles au temps, notices qu’on feuillette vraiment.
La NES, c’est aussi le petit rituel qui va avec: souffler dans la cartouche (mauvaise idée, mais geste universel), réinsérer, rabattre le tiroir, puis ce moment où l’écran passe enfin de la bouillie de sprites à un titre stable. On se surprend à rejouer “comme avant”, par sessions de 15 minutes, parce que beaucoup de jeux ont été pensés pour ça: une progression claire, et l’envie de retenter “juste une vie”.
Le lecteur à insertion frontale est associé à un point connu des collectionneurs: avec le temps, le connecteur interne peut perdre en fiabilité, provoquant des écrans gris ou des démarrages capricieux. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est suffisamment répandu pour justifier un test systématique avec plusieurs cartouches. La NES récompense les exemplaires propres, bien stockés, et les connectiques manipulées sans brutalité.
Quand on parle “signature NES”, difficile de faire l’impasse sur le platformer précis et exigeant. Super Mario Bros. 3 reste un excellent résumé de ce que la console sait faire: lecture instantanée, variété d’idées, et une sensation de contrôle qui a très bien vieilli. Même pour un joueur moderne, c’est un titre qui s’apprivoise vite, surtout si l’on accepte que la réussite se construit par mémorisation.
La NES brille aussi dans l’aventure, avec des jeux qui demandent un peu d’engagement. The Legend of Zelda impose une exploration moins guidée que les standards actuels: on note, on teste, on se perd. Sur une machine à cartouches, cette sensation d’“expédition” fonctionne particulièrement bien, parce que le jeu laisse au joueur une part de responsabilité: comprendre, cartographier, revenir plus fort.
Dans l’action, la console se révèle étonnamment nerveuse. Mega Man 2 est souvent cité pour sa construction en niveaux et son exigence technique: patterns, sauts au pixel près, et cette logique de progression où l’on apprend en échouant. À côté, un jeu comme Castlevania incarne une approche plus “rythmée” et méthodique: on avance en respectant la portée, le tempo et les placements, presque comme une partition.
Et puis il y a les expériences qui donnent l’impression d’ouvrir un genre. Metroid propose une exploration plus froide, plus solitaire, avec une progression par équipements qui change la lecture du monde. À l’autre bout du spectre, Probotector rappelle que la NES sait aussi encaisser des jeux d’action tendus, à l’énergie très arcade, où l’on joue autant pour l’intensité que pour la maîtrise.
Comme souvent sur cette génération, la région compte. Les versions européennes sont en PAL, ce qui peut impliquer une vitesse d’affichage différente par rapport au NTSC, et parfois des adaptations variables selon les jeux. Pour un usage confortable aujourd’hui, l’important est surtout d’assumer son écosystème: console, alimentation, câbles et téléviseur compatibles, plutôt que de mélanger des éléments sans vérifier.
Une NES complète, ce n’est pas seulement la console. Vérifiez la présence et l’état de la Manette Nintendo NES : croix, boutons, câble et prise doivent être sains, car un pad “mou” ou un câble pincé ruine vite le plaisir. Côté branchements, assurez-vous d’avoir une alimentation adaptée et un câble vidéo cohérent avec votre installation, puis testez avec au moins une cartouche qui démarre à coup sûr.
Si vous visez des périphériques, soyez pragmatique: le pistolet NES Zapper est emblématique, mais son usage dépend beaucoup du type d’écran utilisé, et il vaut mieux clarifier votre setup avant de le considérer comme “indispensable”. Enfin, pour qui aime le côté “musée”, les boîtes carton et leurs cales demandent une attention particulière: elles marquent, se tassent, et les notices se perdent facilement.
La NES n’est pas une console introuvable, mais le “vrai complet” se joue sur les détails: boîte en bel état, polystyrène ou calage d’origine selon les packs, notices présentes, et câbles non remplacés par un équivalent approximatif. Les lots récupérés en vide-greniers ou en placard familial ont souvent vécu: étiquettes arrachées sur les cartouches, plastique jauni, connectique fatiguée. Le bon réflexe est de privilégier un exemplaire testé longuement, plutôt qu’un modèle “propre en photo” mais jamais allumé.